Actualité et événements

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13 mai 2026 – Louvain-la-Neuve

Prochaine réunion du Comité scientifique des savoirs partagés

Le mercredi 13 mai, à 16h30. La réunion se déroulera à Louvain-la-Neuve, à l’Institut Cardijn, rue de l’Hocaille, 10.

Les membres du comité scientifique se sont réunis pour préparer le cycle d’activités « Intervention sociale et enfermement » . L’occasion pour les membres de participer à l’inauguration de la prison pédagogique de l’association 9m2. De très bonnes inspirations pour la réunion orchestrée par Jonas Luyckx, Thierry Dock et Aline Bingen et qui s’est déroulée dans une ambiance conviviale.

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08 septembre 2025 – Bruxelles

Inauguration du Musée de la prison – 9m2

Nous avons participé à l’inauguration du musée de la prison, projet de l’association 9m2. Une découverte instructive et prenante qui concerne chacun des membres de l’ABFRIS. Les activités à venir sont d’une utilité sociale majeure, nous nous tenons informés et soutenons le projet.

14 mars 2025 – Namur

Lancement de la Collection PEPITES !

Publications d’Expérimentations Partagées dans l’Intervention, le Travail et l’Enseignement du Social

Dans un paysage éditorial souvent uniforme, l’Abfris propose aux acteurs·ice·s, qu’iels soient proches ou éloignés des canaux de diffusion traditionnels, une collection pour valoriser leurs travaux. chaque ouvrage de cette collection propose un itinéraire – balisé ou non –, une balade avec un collectif de personnes qui cheminent ensemble et témoignent de leur expérimentation partagée.

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05 février 2025 – Treignes

Mise au vert ABFRIS

L’ ABFRIS s’est réuni pour une journée « Mise au Vert »
le mercredi 05 février de 13h à 17h à Treignes, EcoMusée du Viroin

Cette Mise au Vert avait pour objectif de répondre à la question de « Comment s’organiser pour faire du travail associatif dans des temps sociétaux difficiles?

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05 février 2025 – Treignes

Mise au vert ABFRIS

L’ ABFRIS s’est réuni pour une journée « Mise au Vert »
le mercredi 05 février de 13h à 17h à Treignes, EcoMusée du Viroin

Cette Mise au Vert avait pour objectif de répondre à la question de « Comment s’organiser pour faire du travail associatif dans des temps sociétaux difficiles?

15 septembre 2023

Le métier d’éducateur dénié : lettre en réaction à l’élargissement de l’accès aux fonctions éducatives


 
 
 
Madame, Monsieur,
 
 
Nous avons été tout dernièrement interpellés par nos membres à propos d’un projet d’arrêté définissant les conditions de qualification du personnel dans les services de l’aide à la jeunesse. Ce projet d’arrêté modifie l’annexe 2 en élargissant l’accès aux fonctions éducatives et psycho-sociale de manière très large (plus de 40 bacheliers).
 
Avec vingt-sept institutions membres issues des différentes régions de la Belgique francophone et une soixantaine de personnes pour les représenter, l’ABFRIS est un lieu pluraliste de croisement des savoirs entre les acteurs de l’intervention sociale, qu’ils soient chercheurs, usagers, formateurs et professionnels. L’association a pour objectif de faire dialoguer les recherches scientifiques, les expériences pédagogiques, les pratiques professionnelles et les savoirs expérientiels. Elle a aussi pour missions de développer un regard critique sur les transformations socio-économiques et de soutenir toute action qui garantit les droits sociaux fondamentaux.
 
Professionnalisation du travail social et reconnaissance des usagers1 sont les deux enjeux centraux qui animent notre actualité et qui nous conduisent à dénoncer le projet d’arrêté à partir de trois arguments majeurs.
 
 
1°) Le déni de la formation et de la professionnalité des travailleurs sociaux
En ouvrant les qualifications requises au panel de formations annoncé, les métiers canoniques du social, comme celui de l’éducateur ou de l’assistant social, se trouvent déniés. Quelle communauté de compétences professionnelles y a-t-il entre ces métiers et un bachelier en assurances et en gestion du risque, un bibliothécaire, un technologue en imagerie médicale, un hygiéniste bucco-dentaire, ou encore, un agrégé de l’enseignement secondaire inférieur orientation bois-construction ?
 
Nos derniers événements scientifiques avaient notamment pour objet la professionnalisation des métiers du social, avec l’exposition Vivre. Les Métiers du social, 100 ans d’histoire et de formation. Plus récemment, la consolidation des partenariats avec les professionnels et des collectifs d’usagers nous a permis d’organiser sur le site de l’ULB un congrès international ayant pour thème Rendre visible l’invisible, Paroles, expériences et actions des usagers de l’intervention sociale. 450 congressites francophones issus de divers pays ont assisté à 300 communications portées par une diversité d’acteurs : 51% de chercheurs, 19% de professionnels, 14% de formateurs, et 16% d’usagers-citoyens, attestant par là d’une ouverture de l’espace académique et d’une reconnaissance significative des usagers dans la construction des savoirs de l’intervention sociale.

 
 
L’activité conjointe des milieux professionnels, de la recherche, de la formation, des personnes concernées et leur coopération avec les instances de décision pour contribuer à la professionnalisation des métiers du social se trouvent invalidées.
Les fonctions des travailleurs sociaux ne se réduisent pas à un empilement d’actes techniques, simplement reproductibles par les titulaires des bacheliers énumérés en annexe 2. Les travailleurs sociaux, par leur formation, acquièrent des compétences spécifiques pour accompagner les enfants, les jeunes, les familles et leurs familiers, et se dotent d’un bagage de connaissances qui leur permet d’analyser chaque situation dans sa singularité. Ecoute, recueil de la parole, secret professionnel, déontologie, souci de justice, d’égalité et d’équité, reconnaissance des personnes comme sujets dans l’intervention, analyse critique du contexte socio-politique, etc. : les travailleurs sociaux exercent un métier qui assume sa complexité, dans les manières de faire, d’agir, et de penser l’intervention sociale.
 
 
2°) Le mépris de la parole des jeunes, des familles et des familiers concernés par l’intervention sociale
« Les éducs, ils ont le truc justement pour venir un peu me chercher », explique un jeune.
Alors que le décret du 18 janvier 2018 portant sur le code la prévention, de l’aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse renforçait l’importance du recueil de la parole des jeunes, de leur famille et de leurs familiers, devant quels interlocuteurs se trouveront-ils pour parler, au vu de la grande diversité des domaines de formation qui seraient désormais retenus ? Y aurait-il confusion entre activités et posture professionnelle ? « Par notre attitude, nous prenons soin des jeunes. […] L’équipe éducative va déconstruire les idées préconçues que les jeunes ont d’eux-mêmes. Les sortir des cases dans lesquelles ils ont été mis par l’école, la famille, leur milieu », précise une éducatrice. Les missions des travailleurs sociaux ne se cantonnent pas à la planification d’activités : « Nous ne sommes pas dans une approche fonctionnelle mais relationnelle », déclare une éducatrice. « Les activités sont des médiations pour accompagner et vivre des expériences, avec des objectifs autres qu’occupationnels », précise un autre travailleur social, « L’idée est de faire l’expérience d’un cadre social particulier et de faire voir aux jeunes une autre réalité, leur montrer qu’ils peuvent participer aussi à cela, qu’ils ne sont pas exclus. Ici, on a démystifié un lieu », une mise en perspective de l’intention qui dépasse l’apparente
« sortie récréative ».
 
3°) La déconsidération des valeurs du travail social
Contribuer à l’avènement d’une société plus juste et à l’émancipation des personnes constituent des valeurs fondamentales du travail social (voir à ce sujet, entre autres, le code de déontologie de l’assistant social). Les professionnels ont à cet égard des finalités explicites, comme agir précisément et prioritairement sur les enjeux sociaux rencontrés lors de leurs interventions. Leur vigilance par rapport au contexte social et à leur cadre de travail exige une compréhension de la complexité des politiques sociales. Leur formation spécifique les prépare à appréhender ces dimensions constitutives de leur fonction.

 
 
Nous avons bien compris que le présent projet d’arrêté avait pour objectif de chercher à répondre à un recrutement difficile dans les services de l’aide à la jeunesse. Cependant, nous soutenons que la simplification administrative n’est pas une réponse adéquate pour assurer un accompagnement de qualité pour les jeunes, les familles et leurs familiers. Sans doute y a-t-il à explorer les conditions de travail du secteur, comme le montrent des études récentes de chercheuses faisant partie de notre association. Par ailleurs, il est évident que les directions des institutions gardent la liberté de choisir leurs employés. A ce sujet, des professionnels nous ont déjà fait part de leur volonté de maintenir leur recrutement de professionnels formés au travail social. L’ABFRIS est un lieu où se réfléchit cette question du travail social en temps de crise (voir à ce sujet le congrès Aifris de Paris 2023 « Société en crise et travail social : explorer les dynamiques politiques, de formations, de recherches, d’interventions et d’expériences » dont elle était un des partenaires). Elle peut apporter son éclairage pour une meilleure politique de recrutement en contexte difficile.
 
Nous vous remercions d’avoir pris le temps de prendre en considération nos inquiétudes, nous serions très honorés de pouvoir partager nos préoccupations avec vous de vive voix, dans une dynamique de compréhension réciproque.
 
Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos meilleures salutations.
 
 
Pour l’ABFRIS,
Les membres du Conseil d’administration
Aline Bingen Valérie Desomer François Gillet Mejed Hamzaoui Lyazid Hassaini
Jean-Louis Linchamps Laetitia Melon Bénédicte Wantier

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23 février 2022 – Mons

Matinée d’étude